Ouest-France du 16 avril 2008 – pages « Vivre à Caen »
Éclairage et vitrines: sus au gaspillage!
Le message du clan des néons, celui qui éteint en cachette les enseignes lumineuses, est dans le coup. À la CCI, les professionnels ont planché sur l'économie d'énergie.
Atelier débat sur l'éclairage des locaux commerciaux lundi à la Chambre de commerce. À la question comment mieux éclairer pour mieux vendre, se glisse désormais la question de faire également des économies d'énergie. C'est aussi le plaidoyer moins discret du clan des néons (lire Ouest-France du 26 mars) dont quelques éléments ont éteint volontairement les enseignes commerciales de nuit « pour faire cesser tout gaspillage ».
« L'atelier a pour but de montrer de nouveaux systèmes d'éclairage comme les Led (lampes électrouminescentes) qui permettent de faire des économies d'énergie. Pour un local professionnel, avec ses contraintes et ses besoins, il faut d'abord établir un diagnostic pour ensuite savoir maîtriser les coûts. Un lieu fréquenté par le public même tard le soir n'aura pas les mêmes besoins d'éclairage qu'un commerce d'une rue non passante la même nuit. Le commerçant peut déjà installer un programmateur en fonction des besoins » commente Laurent Moquet, conseiller technique à la CCI.
Mieux éclairer et moins cher
Pour les représentants de l'association française de l'éclairage (AFE), les actions menées par le clan des néons « servent surtout à frapper l'opinion publique sur le gaspillage. On n'a pas tout à fait le même point de vue car l'éclairage des lieux c'est aussi la vie. D'autant plus qu'on peut aujourd'hui tout aussi bien éclairer et mieux tout en consommant .moins. La meilleure réponse à des comportements excessifs, c'est diviser la facture » assure Alain Le Moigne, président régional de l'association qui compte 90 adhérents aussi bien ingénieurs, installateurs. et électriciens. L'AFE émet des recommandations notamment par rapport aux normes européennes et françaises.
Mais un meilleur éclairage passe désormais « par des installations performantes avec des coûts compatibles avec la hausse du prix de l'énergie » dit Alain Le Moigne, qui préconise ainsi des graduateurs d'éclairage ou des appareils qui limitent la puissance comme ceux utilisés pour l'éclairage public : « Entre minuit et 5 h du matin, on peut baisser de 40 %. L'habitude était avant de couper un lampadaire sur deux mais il y avait des trous noirs. On préfère maintenant baisser l'intensité. »
Pour ce professionnel, la révolution actuelle est bien celle des Led : « globalement, une ampoule classique fournit 1 000 heures d'éclairage. Une ampoule au sodium c'est 8 000 heures Une Led, c'est 70 000 heures pour la même énergie. »
Éric AUPOIX.