Article du Liberté du 27 mars 2008

Publié le par Clan du Néon Caen










Ces illuminés du Clan du néon.



Pour réduire les gaspillages énergétiques, des étudiants caennais s'attaquent, de nuit, aux enseignes lumineuses de la ville. Regroupés dans le Clan du néon, ces activistes plongent les magasins dans le noir, à l'aide de deux manches à balai...



Avec deux manches à balai reliés par de la bande adhésive, le crochet d'un portemanteau, et de la détermination, ils ont créé un « Buzz » sur la toile. En un mois, des étudiants caennais sont devenus des « seriaI killers »... de néons. Partout où ils passent, la lumière trépasse.

Ils ont déjà plongé dans le noir une cinquantaine d'enseignes de la cité de Guillaume le Conquérant. « Et ce n'est pas terminê », annoncent leurs vidéos, diffusées sur le Web, à l'adresse http://clanduneoncaen.over-blog.org.

Le Centre Paul Doumer, les Galeries Lafayette, plusieurs agences immobilières, et de nombreuses banques ont été visés. Ils montent parfois sur des poubelles, sur des vélos, ou se font la courte échelle. Ces écocitoyens escaladent les devantures, au cœur de la nuit. Des drôles d'illuminés qui abaissent les manettes de petits boîtiers, au-dessus des façades, et font tomber l'obscurité sur les mag sins, en quelques secondes.

Coup d'œil à droite, coup d'œil à gauche, et la mission recommence. Le Clan du néon de Caen guette, puis frappe à tout va.



Ils revendiquent la non-violence

Des boutiques caennaises commencent à comprendre le message. Des commerçants, désabusés, ont, depuis le passage de ces raids nocturnes, renoncé à leur éclairage. Ils n'ont pas relevé le fameux levier. Autant d'enseignes qui resteront éteintes. Autant de missions accomplies pour le Clan du néon, pour qui « l'éclairage de la voie publique ne doit pas être financé par des fonds privés, mais par des fonds publics ».

« Nous placardons une petite affiche explicative sur Ies commerces attaqués. Nous leur laissons également une adresse email (clanduneoncaen@gmail.com). Nous n'avons pas eu de réponse, à ce jour, mais nous sommes ouverts à la discussion », souligne Max, l'un des instigateurs du mouvement. Un étudiant en histoire de 23 ans qui pense « qu'il n'est pas vraiment utile de laisser éclairer des vitrines de magasins fermés à 3h du mat', alors qu'il n'y a personne dans les rues ». Le jeune homme répète le triple objectif : réduire la consommation d'électricité, limiter la pollution visuelle, et partir en guerre contre la publicité imposée. Pas question de faire de dégâts.

La dizaine d'étudiants et de jeunes actifs caennais - militants associatifs et politiques de gauche pour la plupart - revendiquent la non-violence. Ne rien casser, ni dégrader. Ce serait contre l'esprit du mouvement national, né à Paris l'été dernier, et débarqué à Caen, en février.

Leur rapport avec la police est d'ailleurs plutôt bon. « On les croise régulièrement », sourit Manu, étudiant èn sociologie. « Si on respecte le matériel, on ne risque rien de significatif, ni menottes, ni garde à vue, ni amende. Au pire, un passage au poste de police. Ça n'a pas encore été le cas à Caen »,



Une action à 22h, samedi

Le Clan du néon, appelé également « Switch off » dans d'autres villes françaises, agit « à visage découvert ». Un collectif bon enfant qui ressasse son discours, plein de bon sens. « Les néons ont une puissance moyenne d'environ 50 watts par mètre linéaire. La facrure d'électricité liée au néon seul (sans compter l'éclairage intérieur des vitrines) représente donc quelques centaines d'euros. Multipliez par les milliers de commerces laissant ces enseignes allumées,vous obtiendrez des centaines de milliers d'euros gaspillés », insiste Max. Sans parler de l'impact écologique de ces consommations d'énergie dans le contexte actuel de raréfaction des ressources et de réchauffement climatique.

« Une enseigne indiquant un distributeur de billets, d'accord. Toute la banque allumée, non ! », poursuit l'étudiant caennais. Le Clan du néon a des principes. Il n'agit jamais sur un commerce ouvert, ou sur les pharmacies, mais ne se gène pas pour s'attaquer à des rues entières s'il le faut, « pour lutter contre cette pollution qui nous empêche de voir les étoiles ».

La brigade écolo entend même aujourd'hui passer un cap, et éteindre, durant les prochaines semaines, les dizaines de spots des grandes surfaces, aux portes de Caen. Une autre opération est également programmée, ce samedi 29 mars, à 22 h. « À l'initiative de la fondation WWF, toutes les lumières de plusieurs capitales du monde seront éteintes pendant une heure, pour lutter contre le réchauffement climatique », explique Max. Si aucune ville française ne devait participer à l'opération, le Clan du néon compte bien contribuer à l'idée lumineuse...



Briac TRÉBERT


Publié dans Presse

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La Brioche 09/04/2008 15:55

Ba si tu l'enregistre et tu zoom ça devrait marcher, sinon, si t'as les moyens tu peux t'acheter un écran 30 pouces

Lionel de CDN Paris 31/03/2008 20:43

Euuh comment on fait pour lire ?